Une ligne jaune a-t-elle été franchie ?

Gigue de cerf - Restaurant Toqué - Montréal


Gigue de cerf - Restaurant Toqué - Montréal

Gigue de cerf – Restaurant Toqué – Montréal

De plus en plus de gens prennent leurs plats en photo au restaurant. Point besoin d’avoir un blog aujourd’hui pour partager ses repas. Il suffit d’avoir un Smartphone, et hop, en voiture Simone. On partage ensuite le contenu de son assiette sur Instagram, FoodReporter, Pinterest, Twitter, Facebook et bien d’autres.

Dans un article paru hier dans le New York Times Restaurants turn camera shy, le chef David Bouley racontait son expérience vis à vis de ces nouvelles pratiques. Je vous l’ai traduit en partie parce que cela m’a fait sourire mais parfois un peu jaune :

« Il y a les touristes étrangers qui, malgré leurs gros appareils photo essaient d’être discrets »,  explique-t-il. « Il y a aussi ceux qui utilisent un flash et qui ennuient tout le monde sans compter ceux qui arrivent équipés de gorillapods, ces petits trépieds flexibles qu’ils mettent sur la table.  Et puis il y a ceux qui montent sur leur chaise pour photographier leurs plats d’au dessus, bref, tout cela peut rapidement tourner au cirque. » {J’ai l’impression qu’aux USA ils en sont à un stade plus avancé que nous non ?  }

Gorillapods

Gorillapods

Mais plutôt que de dire à ses clients qu’ils ne peuvent pas photographier leurs plats, ces plats qu’ils sont tellement fiers de manger qu’ils veulent immédiatement les partager avec leurs réseaux sociaux, il leur propose de venir dans sa cuisine et de photographier le plat prêt à être envoyé. La photo est ainsi de bien meilleure qualité, prise sur la table en marbre de la cuisine.

Tous les chefs de restaurants ne sont pas aussi accommodants, surtout maintenant que les appareils photos sont devenus aussi courants que les ustensiles de cuisine.  La conséquence de tout cela peut aller du regard réprobateur des convives jusqu’à l’interdiction pure et simple de  prendre des photographies.Parce que cela ne gêne pas toujours que le chef. Les autres clients peuvent être dérangés par les flash incessants, et les personnes qui partagent les plats du photographe aussi :

Emma Kate Tsai, une éditrice basés à Houston, raconte que son père âgé de 64 ans est un fou de photos culinaires. « Aller au restaurant avec lui est une épreuve, il a un grand appareil photo encombrant autour du cou et on ne peut pas prendre une bouchée de quoi que ce soit sans qu’il la prenne en photo. C’est vraiment irritant » explique-t-elle.

Son père, un ingénieur de la NASA avait l’habitude de mettre ses photos dans des présentations PowerPoint et de les envoyer par mail. « La taille des fichiers était énorme », dit-elle en riant. « Maintenant il a Facebook, Dieu merci. » Pourtant elle s’inquiète de ce qui se passera quand son père prendra sa retraite. Elle a peur que cela n’empire.

Même Valéry Rizzo, qui donne des cours de photographie de plats avec Iphone (oui, cela existe, je découvre aussi), donc même elle pense qu’une ligne jaune a été franchie.  Fatiguée de voir des photos non centrées, sur exposées, sous exposées, brûlées par le flash, Mademoiselle Rizzo a donné un cours en septembre dernier à Bushwick, Brooklyn pour essayer d’élever le niveau.  Elle a formé ses étudiants non seulement sur des applications telles qu’Instagram, Foodie SnapPak et Camera +, mais a aussi donné des explications sur la composition et la lumière, la règle numéro 1 étant : N’utilisez pas le flash. Beaucoup de photographies de nourritures sont hideuses à cause du flash.

Crumble de ris de veau - Saint James, Bordeaux

Crumble de ris de veau – Saint James, Bordeaux

Personnellement, à moins d’être là pour ça (déjeuner de presse par exemple et je n’y vais que rarement), je ne prends quasiment pas de photographies au restaurant avec mon reflex. Je trouve cela trop voyant et je suis un peu gênée. J’ai peur qu’on me prenne pour une dingue et d’être impolie ^-^.  C’est pour cela d’ailleurs que je parle peu de restaurants sur mon blog.  J’en prends par contre assez régulièrement avec mon Smartphone, toujours sans flash et je fais partie de ceux qui partagent ça sur Instagram, Facebook, Twitter etc. Je photographie et je partage, hop, juste comme ça.

Et vous ? Comment faites-vous ? Est ce que cela vous gêne de prendre des photos ? Demandez-vous l’autorisation ? Est ce que quand des gens en prennent à côté de vous cela vous agace ? 

Des liens pour aller plus loin :

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