Japanese Mind

Japanese Mind

je souhaitais partager avec vous ces magnifiques mots écrit par Murakami Ryu l’écrivain a succès

Le 11 mars, je suis sorti de chez moi, à Yokohama, un peu avant 15 heures. Je me suis rendu à Tokyo, pour passer trois ou quatre jours dans un hôtel, ce que je fais chaque semaine pour écrire, rassembler des informations et m’occuper de mes affaires. Le séisme a frappé au moment où j’entrais dans ma chambre. Redoutant de me retrouver pris sous les décombres, je me suis saisi d’un bidon d’eau, d’une boîte de biscuits et d’une bouteille de cognac, et j’ai plongé sous le robuste bureau. En y repensant, je ne crois pas que j’aurais eu le temps de savourer une dernière gorgée de cognac si les trente étages de l’hôtel s’étaient effondrés autour de moi. Mais le simple fait d’avoir adopté ces modestes contremesures m’a permis d’éviter la panique.

Peu après, un message d’alerte résonnait dans les haut-parleurs : “Cet hôtel est conçu conformément à des normes antisismiques rigoureuses. Le bâtiment ne risque absolument pas de s’écrouler. Veuillez ne pas tenter de quitter le bâtiment.” Cette annonce a été répétée à plusieurs reprises. Au début, je me suis demandé si c’était vrai. La direction ne cherchait-elle pas seulement à rassurer les gens ? Et c’est là que, sans vraiment y réfléchir, j’ai adopté l’attitude qui, fondamentalement, reste la mienne face à ce genre de situation. Pour l’heure, du moins, j’ai décidé de croire ce que diraient les gens et les institutions disposant de meilleures informations et de davantage de connaissances que moi. J’ai voulu croire que l’immeuble ne s’effondrerait pas. Et il ne s’est pas effondré.

On dit souvent des Japonais qu’ils obéissent fidèlement aux règles du “groupe”, qu’ils savent mettre en place des systèmes d’entraide face à l’adversité. On peinerait à le démentir aujourd’hui. Les courageuses opérations de sauvetage se poursuivent jour et nuit, et aucun pillage n’a été signalé. Mais loin du regard du groupe, nous avons tendance à nous comporter en égoïstes — presque par rébellion. Et nous en subissons aussi les conséquences aujourd’hui : des produits de première nécessité comme le riz, l’eau et le pain ont disparu des supermarchés et des épiceries. Les stations d’essence sont à sec. Pris de panique, les gens achètent et stockent. Le sentiment de loyauté envers le groupe est mis à l’épreuve.

Pour l’instant, toutefois, c’est la crise des réacteurs nucléaires à Fukushima qui suscite nos plus grandes inquiétudes. Les informations affluent, confuses et contradictoires. Certains disent que la situation est pire qu’à Three Mile Island, mais pas aussi grave qu’à Tchernobyl. D’autres affirment que des vents chargés d’iode radioactif se dirigent vers Tokyo, que tout le monde devrait rester chez soi et manger des algues en grande quantité, car elles sont riches en iode inoffensif, ce qui permet d’empêcher l’absorption d’éléments radioactifs. Un ami américain m’a conseillé de me réfugier dans l’Ouest du Japon. Des gens partent de Tokyo, mais la plupart restent. “Il faut que je travaille, disent les uns. J’ai mes amis, ici, et mes animaux.” Les autres raisonnent : “Même si ça devient une catastrophe de type Tchernobyl, Fukushima est à 250 kilomètres de Tokyo.”

Mes parents vivent à Kyushu, dans l’ouest, mais je n’ai pas l’intention de les rejoindre. Je veux rester ici, aux côtés de ma famille, de mes amis, et de toutes les victimes du désastre. D’une certaine façon, je veux leur donner du courage, comme eux m’en donnent. Pour le moment, je veux m’en tenir à l’attitude que j’ai adoptée dans ma chambre d’hôtel. Je vais croire les déclarations de gens et d’institutions mieux informés, surtout les scientifiques, les médecins et les ingénieurs dont je lis les explications sur Internet. Leurs avis et leurs jugements ne sont que peu répercutés par les médias. Mais leurs informations sont objectives et exactes, et j’ai plus confiance en elles qu’en tout ce que j’entends d’autre.

Il y a dix ans, j’ai écrit un roman [kibo no kuni no ekusodasu, exode vers le pays de l’espoir, inédit en français] dans lequel un collégien, s’adressant au Parlement, lançait : “Ce pays a tout. Ici, on peut trouver tout ce qu’on veut. La seule chose qui manque, c’est l’espoir.” Aujourd’hui, on pourrait dire le contraire : les centres d’évacuation sont confrontés à de graves pénuries de nourriture, d’eau et de médicaments. On manque aussi de vivres et d’électricité dans la région de Tokyo. Notre mode de vie est menacé. Le gouvernement et les services publics n’ont pas réagi comme il convenait.

Mais en dépit de tout ce que nous avons perdu, nous, les Japonais, avons retrouvé une chose, l’espoir. Le grand tremblement de terre et le tsunami nous ont privé de bien des vies et de bien des ressources. Mais nous, qui étions si ivres de notre propre prospérité, avons replanté le ferment de l’espoir. Voilà pourquoi j’ai choisi de croire.

venait nombreux soutenir le Japon ce week end du 26 et 27 mars au dojo d’ Herblay dans le val d’oise 95220

pour toute information ca se passe ici

aikido.herblay.free.fr/

ou donner sur le site de la croix rouge Japonaise Merci Beaucoup

www.jrc.or.jp/english/index.html
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I wanted to share with you these beautiful words written by the successful writer Murakami Ryu

I  SET out from my home in the port city of Yokohama early in the afternoon last Friday, and shortly before 3 p.m. I checked into my hotel in the Shinjuku neighborhood of Tokyo. I usually spend three or four days a week there to write, gather material and take care of other business.

The earthquake hit just as I entered my room. Thinking I might end up trapped beneath rubble, I grabbed a container of water, a carton of cookies and a bottle of brandy and dived beneath the sturdily built writing desk. Now that I think about it, I don’t suppose there would have been time to savor a last taste of brandy if the 30-story hotel had fallen down around me. But taking even this much of a countermeasure kept sheer panic at bay.

Before long an emergency announcement came over the P.A. system: “This hotel is constructed to be absolutely earthquake-proof. There is no danger of the building collapsing. Please do not attempt to leave the hotel.” This was repeated several times. At first I wondered if it was true. Wasn’t the management merely trying to keep people calm?

And it was then that, without really thinking about it, I adopted my fundamental stance toward this disaster: For the present, at least, I would trust the words of people and organizations with better information and more knowledge of the situation than I. I decided to believe the building wouldn’t fall. And it didn’t.

The Japanese are often said to abide faithfully by the rules of the “group” and to be adept at forming cooperative systems in the face of great adversity. That would be hard to deny today. Valiant rescue and relief efforts continue nonstop, and no looting has been reported.

Away from the eyes of the group, however, we also have a tendency to behave egoistically — almost as if in rebellion. And we are experiencing that too: Necessities like rice and water and bread have disappeared from supermarkets and convenience stores. Gas stations are out of fuel. There is panic buying and hoarding. Loyalty to the group is being tested.

At present, though, our greatest concern is the crisis at the nuclear reactors in Fukushima. There is a mass of confused and conflicting information. Some say the situation is worse than Three Mile Island, but not as bad as Chernobyl; others say that winds carrying radioactive iodine are headed for Tokyo, and that everyone should remain indoors and eat lots of kelp, which contains plenty of safe iodine, which helps prevent the absorbtion of the radioactive element. An American friend advised me to flee to western Japan.

Some people are leaving Tokyo, but most remain. “I have to work,” some say. “I have my friends here, and my pets.” Others reason, “Even if it becomes a Chernobyl-class catastrophe, Fukushima is 170 miles from Tokyo.”

My parents are in western Japan, in Kyushu, but I don’t plan to flee there. I want to remain here, side by side with my family and friends and all the victims of the disaster. I want to somehow lend them courage, just as they are lending courage to me.

And, for now, I want to continue the stance I took in my hotel room: I will trust the words of better-informed people and organizations, especially scientists, doctors and engineers whom I read online. Their opinions and judgments do not receive wide news coverage. But the information is objective and accurate, and I trust it more than anything else I hear.

Ten years ago I wrote a novel in which a middle-school student, delivering a speech before Parliament, says: “This country has everything. You can find whatever you want here. The only thing you can’t find is hope.”

One might say the opposite today: evacuation centers are facing serious shortages of food, water and medicine; there are shortages of goods and power in the Tokyo area as well. Our way of life is threatened, and the government and utility companies have not responded adequately.

But for all we’ve lost, hope is in fact one thing we Japanese have regained. The great earthquake and tsunami have robbed us of many lives and resources. But we who were so intoxicated with our own prosperity have once again planted the seed of hope. So I choose to believe.

Japan need many support

this weekend be organized the 26 and 27 March in Herblay Dojo in the Val d’Oise 95220
Event for find money for support Japan

info here

aikido.herblay.free.fr/

if you can’t please give here
www.jrc.or.jp/english/index.html

Thanks a lot

Posted by Shadows Oliv on 2011-03-23 07:36:18

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