Quand Yves Camdeborde revisite Sous le Soleil de Satan de Maurice Pialat

Yves Camdeborde


But where is George ? ©NguyenNgocEmmanuelBD

But where is George ? ©NguyenNgocEmmanuelBD

Le weekend dernier je suis allée au Festival de Cannes invitée par Nespresso. J’espérais voir George (au moins) ou à défaut Jean (Dujardin), what else quoi ? Je n’ai vu ni l’un, ni l’autre mais j’ai vu Yves, et vous ne savez pas, c’était encore mieux !

J’ai en effet participé à un dîner incroyable cuisiné par Yves Camdeborde ayant pour thème un film de Maurice Pialat, Sous le soleil de Satan (Palme d’Or en 1987). Cette adaptation du livre éponyme de Georges Bernanos raconte l’histoire d’un curé de campagne, joué par Gérard Depardieu, qui rencontre le péché en la personne de Sandrine Bonnaire. Je ne sais pas si vous vous en souvenez il avait fait scandale à l’époque.

J’ai donc eu la chance de passer un peu de temps avec Yves Camdeborde, un chef accessible, généreux et passionné…

Avec Yves Camdeborde ©NguyenNgocEmmanuel

Avec Yves Camdeborde ©NguyenNgocEmmanuel

Et ai pu lui demander :

Bonjour Yves, pourquoi avoir choisi CE film ? 

Je ne suis pas un grand cinéphile dit-il mais ce film m’a marqué. J’ai reçu une éducation religieuse très poussée (communion, confirmation, enfant de choeur, jeune témoin du Christ..) et ai eu la chance d’avoir un curé formidable, Dominique.  Vu le scandale causé par le film, nous avions été le voir et avions ensuite assisté à une mini conférence pour en parler.  Ce qui en est ressorti c’est que l’on pouvait ne pas être d’accord avec l’autre mais ce qui était intéressant, c’était la discussion et le débat. Il faut toujours respecter l’autre. Des avis différents font avancer les choses. 

J’ai toujours gardé cette idée en tête.

Quand j’ai quitté les restaurants gastronomiques étoilés pour ouvrir mon propre établissement, j’ai exercé mon métier de cuisiner d’une façon différente. Les critiques, les journalistes ont appelé cela la bistronomie (ce qui m’a déplu à l’époque car cela avait un côté péjoratif et on me rangeait dans une case), mais aujourd’hui, 25 ans après, je suis fier d’avoir eu des convictions, un avis différent, et d’avoir contribué à faire avancer les choses. Je pense que cela a amené un souffle de jeunesse dans le métier, de la décontraction et de la qualité. Des codes sont tombés.

La décoration des tables ©NguyenNgocEmmanuel

La décoration des tables ©NguyenNgocEmmanuel

Comment avez-vous composé le menu de ce soir? 

J’ai voulu être léger. Je me suis dit, nous sommes à Cannes, sur la plage, il faut oser.

Cela commence comme une messe, mais à l’envers puisque vient en premier le sang du Christ : Ce plat est réalisé à base de sang de cochon et est servi dans une tasse, un peu comme celles que l’on offre aux enfants pour leurs baptêmes.

Ensuite, j’arrive en salle tenant un plateau en argent et je fais communier les convives : Je vous mets à l’instar d’une hostie, le corps du christ dans la bouche. Il s’agit d’une hostie à base d’olives concassées.

La communion par Yves Camdeborde -) ©NguyenNgocEmmanuel

La communion par Yves Camdeborde -) ©NguyenNgocEmmanuel

La première entrée, c’est une soupe de croûte de fromages servie dans un bénitier. Le dimanche soir, quand j’étais enfant, il nous était servi au presbytère une soupe de croûtes de fromages, réalisée avec les restes de la semaine. Là bien sur, je l’ai revisitée. C’est une soupe au Parmesan avec du romarin, du gingembre, des coques, de la citronnelle et des fèves.

Bénitier de jus glacé ©NguyenNgocEmmanuel

Bénitier de jus glacé ©NguyenNgocEmmanuel

La seconde entrée est un Saint Pierre, caché derrière un voile noir. Là aussi, c’est lié à un souvenir de jeunesse. Lorsque j’étais enfant de choeur, je voyais, aux premiers rangs de l’église de vieilles béarnaises cachées derrière leur voile noir.

Voile noir de Saint Pierre ©NguyenNgocEmmanuel

Voile noir de Saint Pierre ©NguyenNgocEmmanuel

Le plat est une poularde à la diable. Elle est provocante car dressée comme un phallus dans l’assiette. Je propose aux dames de la consommer sans les mains :p

Diable de poularde rôtie pochée ©NguyenNgocEmmanuel

Diable de poularde rôtie pochée ©NguyenNgocEmmanuel

Quant au dessert, c’est une religieuse au café, au grand cru Arpeggio de Nespresso

Religieuse au grand cru Arpeggio ©NguyenNgocEmmanuel

Religieuse au grand cru Arpeggio ©NguyenNgocEmmanuel

J’ai beaucoup travaillé mais créer ce menu m’a beaucoup amusé. Ce sont des super produits, c’est franc, c’est top.

Et pour avoir eu la chance de tout goûter, je peux même vous dire que c’était exceptionnel. J’ai souvent voulu dîner chez Yves Camdeborde mais il faut s’y prendre plusieurs mois à l’avance, ce que ne me permet pas un agenda bien trop fluctuant. Inutile donc de vous dire combien j’étais ravie de dîner ici et que le résultat a dépassé mes espérances (pourtant hautes).

C’était un moment rare. Rhalalala la soupe mes amis, c’était juste wow ! Il est des fois où 2 heures après avoir mangé vous peinez à vous souvenir des plats, ici ce n’est pas le cas, je crois que je m’en souviendrai TRES longtemps !

Julien et Yves Camdeborde, François Vadala

Julien et Yves Camdeborde, François Vadala

Merci Yves Camdeborde, merci Nespresso et 14 septembre de m’avoir permis de vivre cette expérience.

Le Restaurant d’Yves Camdeborde : Le Comptoir – 9 carrefour de l’Odéon – 75 006 Paris

Yves Camdeborde

Yves Camdeborde

 

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